30.8.06

Premier Amour - 6

La fin de l'histoire...
Aimez-vous cette fin ?


« - Que font les secours ? J’ai mal ! J’ai soif ! J’ai faim ! »
Le soleil était déjà bien haut lorsque Olivier entendit des voix qui s’approchaient.
« - … Tu crois qu’elle est tombée ces jours-ci ? » Dit une voix féminine.
« - Peut-être… Ca semble être récent, tu ne trouves pas ? » Répondit une voix masculine.
Les voix n’avaient pas l’accent corse, remarqua Olivier, qui malgré ce détail était incapable de comprendre ce qui se passait. Etait-ce les secours tant attendus ? Olivier en était sûr, à bout de force.
« - Oh ! il y a quelqu'un à l’intérieur... » Dit la femme. « Oh ! Mon dieu, quelle horreur ! Vite ! Appelle les pompiers ! Vite ! »
Et s’adressant à Olivier « - Monsieur ? Monsieur ! Vous m’entendez ? »
Olivier eut juste la force de répondre : « - Julie ! Julie ! C’est elle qui vous a prévenu ? » Et il sombra dans l’inconscience, rassuré pour lui-même et certain que Julie l’avait sauvé.

25.8.06

Premier Amour - 5

...

Olivier roulait vite, un peu trop vite, sûr de lui, un peu trop sûr de lui et se sentant invincible comme on se sent la plupart du temps lorsqu’on a trop bu… Il était aussi très excité par la présence féminine à ses côtés et cherchait à l’éblouir, comme le font tous les garçons de son âge. Il ne cessait de parler que pour écouter Julie, il lui jetait de rapides coups d’œil, parfois appuyés. Il espérait la déposer devant sa porte et obtenir un baiser ou à défaut un rendez-vous pour le lendemain. Il avait les mains moites et Julie partageait son émotion. Lorsque leur regards se croisait ils subissaient tous les deux une sorte de décharge électrique dans le ventre, violent et douce à la fois. L’amour a parfois des effets si étonnants et si agréables. Olivier et Julie ne l'avait encore jamais ressenti aussi précis et évident. Ils s'observaient depuis plus d'un mois et cette nuit, être ensemble seuls dans l'obscurité éclairée uniquement par les phares de la voiture leur paraissait être un rêve.

« - C’est vraiment amusant », dit Julie, « il fait si noir qu’on est comme une île de lumière sur l’île de beauté. » Ils rirent tous les deux de l’image et se sentir plus proches encore, complices par cette insularité éphémère.

« - Tu veux qu’on s’arrête un moment ? » Demanda Olivier ?

« - Non, non. Je dois rentrer. J’aimerais bien mais ma sœur m’attend et si on traîne trop elle va se venger en disant tout à mes parents. Et je risque d’être privée de sortie jusqu’à la fin de l’été ! »

« - Ils sont sévères tes parents ! » Constata Olivier, déçu.

« - Oui. Et si tu savais comme ils sont pénibles : toujours sur mon dos ! »

« - Les miens c’est pareil. » Répondit Olivier. « Mais je suis content qu’ils m’aient offert cette voiture. L’année prochaine j’irai à la fac de Corte et… » Olivier n’eut pas le temps de finir sa phrase. Une vache venait d’apparaître dans les lueurs des phares, au beau milieu de la route. Olivier tenta de l’éviter, freina, tourna le volant d’un geste sec et trop ample. La voiture tomba dans le ravin et fit quelques tonneaux avant de s’immobiliser.

Cette conclusion, Olivier ne parvenait pas à s’en souvenir. Il se remémorait la route, les virages nombreux, la discussion avec Julie, la vache, brune ou grise, et rien d’autre.

Photo de la voiture accidentée d'Apolina
qui s'en est sorti vivante mais gravement blessée...
Ca fait reflechir, non ?

24.8.06

Premier Amour - 4

Olivier attend encore et se souvient.
Son hisoire n'est pas finie... A suivre.


Incarcéré dans sa 205 GTI, Olivier se rappelait de tout ça très nettement. Des douleurs réparties inégalement sur tout son corps étaient apparues lui donnant l’impression de tout ressentir plus intensément. Depuis combien de temps était-il prisonnier de ce tas de ferrailles ? Le jour se levait : ça ne faisait pas si longtemps qu’Olivier gisait dans ce ravin. Il tendait l’oreille et appelait souvent mais il n’entendait pas Julie respirer, ni remuer, ni lui répondre.
Olivier pensait qu’elle s’était extirpée de la voiture accidentée et était partie chercher secours. Combien de temps était-il resté inconscient ? Il souffrait de plus en plus. Sa jambe droite devait être déchiquetée tant elle lui faisait mal, il avait une migraine infernale, et peut-être le bras gauche cassé, qui lui procurait des douleurs intolérables. Il était assailli de souffrances physiques mais aussi morales. La peur était une torture : Julie reviendrait-elle à temps pour le sauver ?
Il tentait de se rassurer en se disant : « Elle est allée chercher les secours… Elle ne devrait plus tarder. Ce cauchemar va s’arrêter dès que les pompiers seront là… » Dans le tourbillon de ses pensées, Olivier craignait aussi la réaction de ses parents : « Ils vont me tuer ! Je suis nul : bousiller ma super voiture comme ça dès le premier jour ! »
Sournoisement, la nuit s’effaça totalement. Olivier vit le jour se lever avec un regain d’espoir : « Julie va m’envoyer du secours, elle a dû prévenir les pompiers. Ils ne devraient plus tarder. » Olivier n’envisageait pas le pire. Il se savait vivant et malgré les douleurs, il était persuadé que ses blessures étaient bénignes et qu’on allait rapidement le sortir de cet enfer. Pourtant le soleil montait et Olivier était toujours là, prisonnier de sa voiture.
Pendant qu’il était encagé dans ce qu’il restait de sa splendide 205 GTI, il revécu dans sa tête plusieurs fois l’accident, absurde comme la plupart des accidents. L’évènement était assez banal.

21.8.06

Premier Amour - 3

Voici le nouvel épisode de cette histoire.
J'ai cherché des illustrations mais je n'ai pas trouvé... hélàs ! Alors en attendant que je trouve, cette histoire ne sera mise en images que dans votre imagination.
Bonne lecture !


Lorsqu’il arriva à la discothèque, son cousin et ses amis n’y étaient pas encore. Julie est ses 2 chaperons se trémoussaient déjà sur la piste de danse. Il regarda longuement Julie. Elle le vit, croisa son regard, et gênée tourna la tête et continua à danser comme si de rien n’était.
La bande à Olivier arriva. Ils le trouvèrent debout seul, observant Julie. « Eh ! Oh ! Les rêves c’est fini, il faut se réveiller ! » Lui souffla un de ses copains.
« Mais non ! C’est bien de rêver un peu. Surtout qu’avec ta nouvelle bagnole tous tes rêves vont devenir réalité ! Tu vas voir, toutes les filles vont te tomber dans les bras ! » Répondit l’autre ami.
« On verra » leur répondit Olivier, laconique.
Les 4 garçons s’installèrent à une table et commandèrent une bouteille de whisky et du coca-cola.
La discothèque était bondée.
Alors qu’il dansait, Olivier vit Julie au bar. Les mains moites et la gorge sèche, il profita de l’occasion pour la rejoindre.
« - Tu veux boire un verre ? On a une table, là-bas. » Dit-il en indiquant l’endroit un question.
« - D’accord. Mais je suis avec ma sœur et une copine… »
« - Pas de problème, venez toutes les trois. »
« - Bon d’accord. Je les préviens et on te rejoint. »
Olivier commanda une nouvelle bouteille au barman et alla s’asseoir à sa table où son cousin et ses amis qui avaient observé la scène l’attendaient, moqueurs. Ils ont fait quelques réflexions salasses à Olivier qui n’était pas apte à entendre quoi que ce soit. Il n’en revenait pas d’avoir osé parler à Julie, et de la facilité avec laquelle elle avait accepté sa proposition. Finalement, il regrettait presque d’avoir tant attendu pour l’aborder.
Julie rejoint Olivier.
« - Voici Lisa, ma sœur, et Babeth son amie.
« - Salut ! Moi c’est Olivier, et toi ?
« - Julie.
« - Julie, je te présente Laurent, mon cousin, David, Polo et Jean-Charles.
Les présentations furent ainsi faites, et la tablée s’anima verre après verre, pendant qu’Olivier au fond de la banquette discutait discrètement avec Julie. Seules leurs yeux s’étaient parlés jusqu’à cette soirée, ils avaient tant à se dire. Ils éprouvaient tous les deux la sensation de se connaître depuis toujours, sensation d’amour tout simplement.
La nuit avançait et vers 3 heures du matin la petite troupe mixte se sépara pour rentrer chacun chez soi.
Julie habitait un village dans la montagne. Ce n’était pas à côté de chez Olivier, mais il devait saisir l’opportunité qui se présentait. Il proposa de raccompagner Julie.
Julie avait 17 ans, âge tout juste toléré dans cette discothèque en été, et était sous la responsabilité de sa soeur. En aucun cas leurs parents auraient acceptés que l’une revienne sans l’autre. Elles allaient transgresser un interdit capital.
« - D’accord, mais ne tardez pas. » Acquiesça Lisa. « Je t’attendrai dans la voiture devant la maison pour qu’on entre en même temps et que maman ne se doute de rien. »
« - On finit nos verres et on y va. » Lui promit Julie.
« - Bon, nous, on rentre. » Confirma Lisa. « A toute à l’heure, Julie. Dépêche toi quand même ! »
Les deux jeunes filles saluèrent les garçons et quittèrent la boite de nuit.
« - Allez, encore un verre… et on y va ! » Proposa Laurent.
« - Allez… » Lui répondirent Olivier, Polo et Jean-Charles.
Il était presque 4 heures lorsqu’ils se séparèrent sur la parking du Midnight, après avoir une fois encore admiré la nouvelle voiture d’Olivier.

16.8.06

Premier Amour - 2

Suite de cette histoire...
Désolée mais je n'ai pas d'image pour l'illustrer !
J'espère que la sobriété ne vous fera pas fuir.



Il avait rencontré la jeune fille le soir même, mais ils se connaissaient de vue depuis leur premier soir en boite de nuit, début juillet. Olivier avait 18 ans et comme pour la plupart des jeunes son été avait commencé avec les sorties en discothèque à la fin de l’année scolaire. Lui et Julie ne s’étaient jamais adressés la parole. Ils fréquentait tous les deux la même discothèque, le Midnight à Prunete. Olivier y allait tous les jeudis, vendredi et samedi soirs avec son cousin et des copains.

Sauf ce soir. Olivier avait eu son bac il y a un mois et pour récompenser son labeur ses parents lui avaient offert aujourd’hui, le 12 août, la voiture de ses rêves : une 205 GTI. Alors pour la première fois, Olivier avait rejoint son cousin et ses amis directement au Midnight. Il était très fier de son nouveau moyen de transport. Avec cette voiture il se sentait le plus fort et le plus beau. Elle était petite, nerveuse, rapide et avec un turbo à injection. Olivier se sentait sûr de lui, invincible. Ce soir, il serait assez audacieux pour aborder Julie, peut-être pourrait-il même la raccompagner chez ses parents.

Dans sa chambre, en pensant à Julie et à la soirée qui s’annonçait joyeuse, Olivier se préparait. Il s’appliqua davantage que d’autres soirs pour choisir ses vêtements, se raser de près, s’asperger d’eau de toilette et se coiffer avec une précision d’horloger. Il était vraiment beau dans son tee-shirt bleu, assorti à ses yeux charmeurs, son jean crème et ses cheveux gominés.

Julie et Olivier se plaisaient, cela se voyait, et ceux qui les accompagnaient les encourageaient à se parler. Leur timidité à tous les deux les avait depuis un mois empêché de s’approcher l’un de l’autre. Ils avait au moins ce point commun : aussi timide tous les deux ! Julie venait toujours avec sa grande sœur qui avait le permis de conduire et la confiance des parents, et une amie de sa sœur. Les deux aînées disaient à Julie : « Allez vas-y ! Va lui parler ! Il ne va pas te manger ! » Ces remarques, au lieu de l’encourager l’intimidaient encore plus.

Depuis début juillet, son cousin poussait aussi Olivier vers Julie. « Va lui parler ! Tu lui paies un verre et hop ! C’est emballé ! Elle craque pour toi, ça se voit ! Mais qu’est ce que tu attends à la fin ?! » Olivier ne répondait pas, il attendait secrètement sa voiture. A force, son cousin s’était lassé et ne lui parlait plus de Julie depuis 2 semaines. Ce soir était enfin arrivé : c’était le grand soir.

11.8.06

Premier Amour - 1

Une nouvelle histoire qui se déroule au mois d'août.
Je ne vous en dit pas plus et vous laisse découvrir. Ah ! si ! un détail important : cette nouvelle est une fiction, purement inventée par... moi !
Bonne lecture, il y aura plusieurs épisodes à lire au fil des mises à jours.


« Où suis-je ? » se demandait Olivier.
« Qu’est ce qui coule sur mon visage ? Pourquoi je ne peux pas bouger ? Il fait si noir ! »

Il avait repris conscience, mais ne ressentait aucune douleur. Seule la peur l’avait envahi. Il voulait fuir, sortir, mais il ne pouvait pas. Impossible de remuer les bras ni les jambes. Le capot de la voiture ou plutôt son moteur lui écrasait les genoux : il était difficile à cause de l’état de la voiture de distinguer ces deux éléments froissés et encastrés. Le toit associé à la portière s’était plié tout contre lui. Le sang jaillissait de son front en grande quantité et ruisselait sur son visage. Son nez aussi avait saigné, mais le sang avait coagulé et il avait du mal à respirer. A chaque inspiration il émettait un sifflement, à chaque expiration un ronflement.

« Je dois sortir d’ici. Je dois m’éloigner de cette voiture. » Pensait-il avec angoisse. Il ne pouvait que penser, tout action lui était impossible.
« Il fait si noir, j’ai froid. Où est Julie ? »

« - Julie ? » dit –il tout haut, « - Julie ! JULIE ! » Il criait. Il n’eut aucune réponse. Il frissonnait de froid et de peur. Il se souvenait qu’il n’était pas seul en voiture. Cette nuit il raccompagnait Julie chez elle « Où est Julie ? ».


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