22.3.07

Par le hublot - Fin

« Que se passe-t-il ? Qu’est ce que ce gros nuage qui monte ? Je ne comprends pas, que font-ils en bas ? La peur m’envahit, je ne comprends pas ce que je vois. Ils vont bien me contacter !!??... C’est pire que tout : j’ai les dents qui claquent et les cheveux qui se hérissent ! C’est fou comme je suis devenu émotionnel et anxieux depuis que je suis seul dans la navette… Il faut que je note tout ça dans mon rapport.
Encore ! Un flash suivi de cet énorme nuage qui monte et se développe si rapidement au dessus de l’Italie, la Corse disparaît sous ce bouillonnement vaporeux. Mon pays, mon île ! J’en ai les tripes nouées : je dois me ruer aux toilettes.
Quelle angoisse ! Est-ce une simulation ? Un exercice imposé pour le programme expérimental que je suis ici ? Sûrement… A chaque fois que je regarde pas ce hublot ma Terre, je vois un nouveau nuage qui parait synthétique. Est-ce un nouveau dérèglement climatique ? On ne parlait que des problèmes dus au climat dans les journaux télévisés que je regardais avant mon départ : inondation ici, séisme là, etc…

« Hier j’étais très inquiet mais ce matin tout semble aller mieux. Ces gros nuages bourgeonnants et illuminés par moments étaient sans doute encore un cyclone, peut-être plus important que d’habitude. Les cataclysmes climatiques sont devenus si fréquents.
« J’ai vérifié tous mes appareils de navigation comme chaque jour. Tout est normal. Pourtant,
je ne sais pourquoi, je me sens anxieux, une angoisse m’oppresse encore. Je me demande pourquoi… J’ai fait un cauchemar lors de mon dernier sommeil, je me suis réveillé perdu, pendant un instant je ne savais plus où j’étais.
Un peu d’exercice me calmera sûrement.

« Essoufflé par une série de pompes, je regarde ma planète. Quelle beauté ! A t-il fallu que je m’en éloigne tellement pour en prendre conscience ?
Encore un nuage qui monte. Au-dessus de l’Inde cette fois…


« J’ai été réveillé de mon repos tri quotidien par une secousse importante. La navette aurait-elle heurté une météorite ?
La luminosité qui entre par le hublot n’est plus la même. Qu’est ce qui a changé pendant ma sieste ?
« Par le hublot, je ne vois plus la Terre. J’écarquille les yeux : elle a disparu, il n’en reste qu’un champ de météorites, et la lune, perdue, seule dans l’immensité.
Je comprends tout, soudain. Comme si un seau d’eau glacée me tombait sur la tête ! Je suis perdu moi aussi : les hommes ont détruit la Terre avec leurs bombes.»

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19.3.07

Par le hublot - 4

Cette nuit-là, Léa était seule à observer les gestes de Lucas. Le rythme quotidien de cet homme de laboratoire s’était modifié : il prenait plusieurs moments de repos par jour et mangeait parfois jusqu’à 8 repas en 24 heures. Lucas n’avait aucune notion du temps sinon en observant la rotation de la Terre. Lentement au fil des semaines, Lucas avait perdu le sens du temps et ne respectait que les sollicitations de son corps. Il mangeait lorsqu’il avait faim et dormait à la moindre fatigue. Ainsi l’observation de cet être humain perdu loin de sa nature n’était pas de tout repos. Lucas surprenait toujours son public, se sachant observé il se mettait parfois en scène lui-même.
Il jubilait à paraître fou, imaginant l’inquiétude des observateurs. Il fallait bien occuper le temps ! Il avait emporté beaucoup de livres, quelques maquettes à monter et d’autres jeux ou menus bricolages. Il s’était réjoui de disposer de tout ce temps « libre » au moment du départ, puis il avait déchanté. Sans aucune relation humaine il s’était senti inutile et inepte. Ses sentiments avaient changé, au point de douter de sa propre existence. Heureusement Lucas ne perdait jamais totalement son bon sens et revenait souvent à la réalité. Il serait si facile de s’oublier et de se laisser aller totalement !

Léa de l’autre coté de le caméra observait Lucas exécutant une série de pompes et d’autres mouvements. Sur Terre le temps s’était précipité depuis le départ de Lucas. Le climat politique était très tendu, comme depuis plusieurs décennies : les Nord-Américains voulaient anéantir la religion musulmane et tous ses adeptes. Au tout début ils luttaient contre le terrorisme, apparemment, mais leur volonté s’était rapidement dévoilée. Les Etats-Unis étaient en croisade.

Parfois Léa se disait que Lucas avait de la chance de ne rien savoir de ce qui se passait sur la Terre. « Ne serais-je pas plus heureuse dans l’ignorance ? » se demandait-elle souvent, en surveillant le cobaye, si loin de toute inquiétude extérieure.
Lucas cessa soudain ces exercices, se leva et s’approcha du hublot. Sur son visage Léa reconnut l’expression de la surprise. La seconde suivante l’alarme retentit dans la salle d’observation.

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16.3.07

Par le hublot - 3

Sur la Terre, une équipe de surveillance se relayait jour et nuit pour observer en temps réel ce qui se passait dans la navette. Tout était enregistré pour être ensuite analysé. Lucas était observé continuellement mais aucune information ne devait lui parvenir. Léa qui l’observait presque toutes les nuits, en avait pitié. Comment peut-on laisser ainsi dans l’ignorance cet homme que tant de gens épiaient ?
Le climat politique mondial se détériorait depuis des années. Au moment de son départ, Lucas s’était inquiété de l’évolution possible du monde pendant son absence. Finalement il avait déclaré que ça le reposerait de ne pas être averti des conflits, cataclysmes et accidents qui font les grands titres de la presse et des journaux télévisés. Petit à petit le mode se résumait pour Lucas à cette boule bleue qui remplissait son hublot. Il lui arrivait même parfois de ne pas pouvoir relier ses souvenirs à cette balle flottant dans l’espace !
Et la terre tournait.


Sans quitter des yeux les 3 écrans devant elle, Léa attrapa du bout des doigts son café encore chaud. Elle transvasa le liquide sombre dans son gobelet à bec, comme ceux qu’on donne aux jeunes enfants qui n’ont plus l’âge du biberon mais pas encore celui de boire dans un verre. Léa était si passionnée par tout ce qu’elle faisait, que pour éviter les taches sur ses vêtements elle avait dû adopter l’usage du gobelet à bec. Lorsqu’elle était concentrée, elle pouvait boire sans même regarder ce qu’elle faisait, pas une goutte de café ne tombait sur son tee-shirt. Elle en avait taché tant des tee-shirts, des chemises, des pulls que ce système à bec lui avait paru salvateur.
Léa avait trouvé cet emploi immédiatement à la fin de ses études. Grâce à ses qualités, notamment sa grande capacité à se concentrer sur un sujet et la rigueur qui en découlait, après quelques mois de stage, la société nationale d’aéronautique l’avait embauchée. Depuis 3 ans elle travaillait sur le projet de voyage longue durée en orbite en solitaire. A présent tous ses calculs finis, la navette lancée autour de la terre, Léa surveillait chaque nuit le cobaye intersidéral.

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14.3.07

Par le hublot - 2

« Le programme scientifique auquel je participe d’ici a pour but d’évaluer la santé psychologique d’un humain longuement coupé du monde, aux sens propre et figuré. Je ne reçois aucune information depuis que j’ai quitté la terre, je n’ai ni vu ni entendu aucun humain, et même aucun être vivant depuis des jours, des semaines, des mois…
En revanche, je suis en permanence sur écoute et observé grâce à des caméras placées partout dans l’habitacle de la navette. Je me plie chaque jour aux exercices imposés pour l’étude scientifique. Au final, dans quelques années, des voyages interplanétaires vers Mars et peut-être d’autres planètes seront organisés. Je sers de cobaye pour que les grands scientifiques de ce monde traversent l’univers sans risque pour leur sécurité et leur intégrité mentale et physique.


Je regarde la Terre, seule certitude dans cet univers, mon univers. Je m’y sens très attaché, le Terre est le seul être vivant de mon environnement actuel. Parce que là vivent ma famille, mes amis, le lien que je tisse avec la planète bleue est un lien d’amour. Mon affectif s’exprime, comme doivent se dire les psychiatres et autres docteurs qui m’observent et m’analysent depuis cette boule bleue. Seul le minuscule réduit qui me sert de toilettes n’est pas équipé d’une caméra. Il n’y a que là que je suis seul, mais le temps que j’y passe est scrupuleusement chronométré. Pour la réussite de l’expérience je me dois d’être sérieux et de ne rien dissimuler de mon état mental et physique. J’ai été sélectionné pour mon sérieux et ma rigueur, et aussi bien sûr pour mon physique entraîné et résistant. J’ai toujours été une force de la nature !

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12.3.07

Par le hublot - 1

Suite à une forte demande de la part de mes fans (merci à eux ;-)), voici une nouvelle histoire, un peu engagée et malheureusement d'actualité ! Et pourtant ce n'est que de la science-fiction...
Cette nouvelle sera comme d'habitude coupée en plusieures parties : à suivre donc !


« Par le hublot, je regarde la Terre.
Elle s’imbrique parfaitement dans l’ouverture ronde. Selon l’endroit où je me place, l’ensemble ressemble à un tableau encadré décoratif. En trois dimensions, une véritable œuvre d’art moderne ! Ce hublot est ma seule distraction, ma seule télévision depuis des semaines et pour longtemps ; je ne m’en lasse pas encore.


« La solitude commence à me peser. Je suis dans cette boite volante depuis déjà 3 mois, le temps d’un tour du monde à la voile ; j’ai déjà fait des centaines de tours du monde… Certaines compétitions de voiles se courent en solitaire. Je me souviens m’être passionné devant ma télévision pour ces aventuriers, je trouvais alors intéressant de se sentir seul ainsi au milieu de rien. Déjà enfant j’avais un tempérament taciturne et insociable.
Les concurrents de ces courses restaient sur les mers du globe. Je suis un navigateur moi aussi, mais je ne flotte pas sur l’eau, j’erre dans le vide sidéral. Je suis astronaute et je me suis porté moi-même candidat pour l’expérience spatiale que je vis à présent. Me voilà donc, mis en boite, tout seul dans l’espace infini. La navette où je vis comporte tout un équipement de communication : je suis sous surveillance permanente mais je ne peux pas communiquer avec la Terre. Eux seuls, là sur la planète bleue, peuvent décider de me parler. Le but de mon voyage est la solitude totale.

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4.12.06

Le Doudou - making of

L'histoire du doudou que vous venez de lire m'a été inspirée par une anecdote bien réelle :

Un matin d'automne, il y a quelques années, je me promène sur la plage avec Nora la petite chienne Teckel de mes voisins agés de l'époque. Une vraie boules de nerfs et d'énergie, cette Nora !

Elle court sur la plage, et s'arrête, renifle, creuse et sort du sable une tête de poupée en plastique. Les cheveux l'ennervent et elle ne lache pas prise : le temps de prendre une photo amusante !

Pour pêcher une Nora, l'appât idéal est une tête chevelue !

Voilà, vous savez tout : le pourquoi du comment et le comment du pourquoi.

A bientôt pour une nouvelle fiction !

28.11.06

Le doudou - 5

Fin de l'histoire :

Il fit très beau pendant dix jours puis le temps de dégrada : un vent du nord se mit à souffler, la mer est devenue gris vert, les vagues ont interdit les bains pour les enfants, puis les orages et la pluie privèrent la famille SERRINOT de sortie pendant 2 longues journées. Les enfants comme les parents trouvèrent le temps long au bungalow ; ils en profitèrent pour découvrir les jolis villages perchés de Casinca et de Castagniccia avec leurs maisons de pierres sèches.

Enfin, le matin de leur dernière journée entière en Corse, le soleil était revenu. Ils auraient encore le temps de profiter de la plage jusqu’au lendemain midi, heure à laquelle ils devaient quitter leur bungalow.

Thomas était le plus pressé d’aller sur la plage :
- Allez ! On y va ! disait-il sans arrêt depuis 8 heures du matin.
- Attends, on va y aller, attends un peu ! lui répondait son père, puis sa mère pendant qu’Océane et Hugo déjeunaient l’une d’un bol de chocolat au lait et l’autre d’un biberon de la même boisson.
Enfin, la troupe fut prête pour aller s’installer sur le sable déjà chaud.

La plage avait changé : du sable était parti, la plage était devenue très étroite par endroits.

Après une longue baignade, Thomas, toujours curieux de tout voulut marcher sur la plage « pour voir si elle est encore là, même là-bas », au delà du Domaine. Claire accepta. Elle prit Océane par la main et abandonna son époux concentré dans son journal avec Hugo s’amusant dans le sable à l’ombre du parasol.
- A toute à l’heure mes chéris ! dit-elle en leur faisant un signe de la main.

Thomas marchait devant, il courait parfois. La tempête avait laissé des coquillages et ils se mirent tous les trois à scruter le sol en marchant.
Claire avait déjà une main pleine des trouvailles de ses enfants quand Thomas se mit à creuser et tirer quelque chose du sable : des cheveux.
- Maman ! Regarde, il y a quelque chose enterré là. C’est qui ?
Et Thomas creusait et Océane s’agenouilla elle aussi pour gratter le sable.
- Candy ! cria Océane. Maman c’est Candy qui a nagé jusqu’ici. Elle veut revenir avec moi à la maison !

En effet, c’était la poupée d’Océane tombée à la mer presque 2 semaines plus tôt, pendant la traversée de la famille vers la Corse. Claire eut du mal à y croire ; pourtant c’était bien la poupée de sa fille, abîmée, avec un bras en moins et les cheveux emmêlés.
- T’as vu ? Elle est coiffée comme moi, remarqua Océane.

Le lendemain soir la famille SERRINOT prit le bateau du retour. Océane avait deux poupées.